Partager l'article ! Mes Zoizeaux: (note publiée le 21/05/2007) Cela faisait trois semaines environ que j'avais remarqué qu'un couple de mé ...
(note publiée le 21/05/2007)
Cela faisait trois semaines environ que
j'avais remarqué qu'un couple de mésanges charbonnières s'était installé dans la
"petite maison à oiseaux", posée un peu gauchement sur la branche la plus basse de l'eucalyptus.
J'ai très vite été prise au jeu de l'observation, un peu plus de jour en jour, captivée par leurs allées et venues :
- tout d'abord Madame, qui a amené à l'intérieur de son nouveau logis tout ce dont elle avait besoin pour construire son nid.
- puis Monsieur, qui ravitaillait Madame pendant qu'elle couvait.
- enfin, Monsieur et madame, qui se relayaient inlassablement à un rythme très soutenu pour nourrir leur petits.
J'ai épié leurs aller-retours, leurs rituels d'approche du nid, leurs appels, réussissant à identifier si c'était
Monsieur ou Madame qui appelait. Et bien sûr, j'ai fini par
passer mon virus à Fifille et à son pôpa. Nous nous sommes mis nous aussi à changer de comportement et, le soir venu, nous nous adonnions à notre nouveau rituel: avant de dîner, nous nous installions sur la terrasse, un verre de vin blanc en guise d'apéro (mais pas pour Fifille, hein, le verre de
vin blanc), et nous observions et commentions en chuchotant, nous retenant de bouger le moindre orteil lorsqu'apparaîssait l'un des deux oiseaux : "c'est Lui ...", "c'est Elle ...", "Il ramène
une chenille ...", "Elle tient un papillon dans son bec ...", "quand Il arrive en premier, Il l'appelle et attend qu'Elle soit là pour rentrer dans le nid ..." etc, etc.
Les oiseaux s'étaient habitués à nous et notre présence ne les gênait en rien. De notre côté nous les avons respectés et Fifille a même réprimé son envie "d'aller voir combien il y avait de petits et voir à quoi ils ressemblaient".
C'était notre nouveau rituel du soir ... jusqu'à vendredi : cela faisait deux jours que j'avais remarqué que les oiseaux ne quittaient quasiment plus le jardin, ils chassaient sur place au lieu de s'envoler loin de la maison et surtout, ils appelaient, criaient sans cesse. Les petits cachés dans leur nid, leurs répondaient et déjà leurs piaillements avaient eux aussi changé : ils étaient comme plus matures.
Vendredi midi, l'un des petits (que nous avions estimés au nombre de trois en écoutant les divers piaillements) a commencé à piailler différemment et surtout plus fort, très insistant. Puis, surprise, j'ai vu sa tête apparaître : "venez voir !". Fifille et son pôpa se sont installés à côté de moi. Et au bout d'une demie-heure, le petit s'est enhardi, motivé par les appels de ses parents et il est sorti. Il a voleté avec assurance sur 2 branches de l'eucalyptus et d'un coup, hop ! Un vol bas jusqu'à la haie. Nous étions émerveillés et attendris par l'envol de ce jeune piaf et surtout, c'était la première fois que nous pouvions observer cela. Très vite le deuxième a suivi, puis le troisième. Pendant une heure environ, ils se sont entraînés au vol, encadrés par leurs parents, allant d'un laurier à un éléagnus, puis dans le mandarinier, retour dans un laurier ..... et soudain, toute la famille est partie en direction des grands arbres de la propriété qui se trouve derrière chez nous.
Le soir venu, nous nous sommes installés sur la terrasse avec nos verres de vin blanc et nous nous sommes trouvés "bêtes" : ils n'étaient plus là. Plus d'allées et venues, plus de rituels d'approche, plus de cris stridents. Le jardin était immobile et silencieux: il y avait comme un grand vide. Nous étions bêtement postés "comme d'habitude" devant l'eucalyptus et nous regardions cette maison à oiseaux désormais abandonnée. Ils sont partis, certainement pour rejoindre d'autres mésanges charbonnières, pas très loin, dans les grands arbres, là où il leur est plus naturel de vivre.
Mais j'ai ma botte secrète : la guirlande de cacahuètes !!! De temps en temps, nous
revoyons l'un ou l'autre des parents venir s'accrocher et picorer ce qui doit être pour eux, une friandise. Et à chaque fois, ils annoncent leurs arrivées et leurs départs par un "ti-tuit"
strident. Merci, les piafs.
Bonus : un soir nous avons eu droit à une scène de ménage fort drôle entre Monsieur Merle et Madame Merlette et nous nous sommes amusés à reconstituer leurs dialogues en nous basant sur leurs stridulations respectives. Autre surprise, j'ai identifié un nouveau résident dans le jardin (photo à droite) : un grimpereau des jardins.
Enfin, je me dis que nous avons eu de la chance de pouvoir observer "nos
zoizeaux" pendant tous ces jours, que nous avons eu une belle "leçon de choses" en live, que c'était trop beau et trop
émouvant de voir le premier envol des oisillons. Oui, vraiment, je me dis que nous sommes de sacrés veinards.
Crédits photos : "mésange charbonnière" et "grimpereau des jardins" ont été empruntées avec l'aimable autorisation
du propriétaire du site Landes de
Gascogne. Et si vous êtes fan de nature, 'tites ou grosses bêbêtes,
joulies plantes, vues de l'espace, je vous conseille vivement d'aller le visiter, il vaut le détour. Pour moi, cela a été en plus l'occasion de me replonger dans l'ambiance de mes landes
natales.
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